mardi 16 novembre 2010

Conflits internes

Je m'apprête à vous parler d'une tension politique toute personnelle puisqu'elle a lieu dans ma propre tête. Je m'explique. Dans mon ministère cervical du travail, ça a un peu chauffé hier soir. Ambition, Flemme, Raison, Motivation et Découragement, ils étaient tous là. Je vous refais la scène:

Ambition avec l'air stressé (et stressant) du neurone d'affaires: Non non non mais on n'atteindra jamais les quotas, on avait un plan sur un semestre là, ça suit pas du tout il faut absolument mettre le paquet!
Motivation avec une expression de béatitude qui lui donne l'air franchement stupide: Ouiiii! Je suis sûr qu'on peut y arriver!
Raison austère: il va peut-être falloir faire des compromis, selon les analyses du département Pseudo-Scientifique du cerveau de Julie, les objectifs du neurone Ambition sont peut-être légèrement... Ambitieuses.
Ambition: Mais...
Découragement avec sa tronche de légume trop cuit: On ne va jamais y arriver, c'est foutu.
Flemme avec son air de crétin fini: Il a raison. Pourquoi se donner tant de mal pour elle?
Raison: On en est responsable voyons! Que ferait un être humain sans nos sages directives!
Pessimisme (que Découragement vient d'inviter par texto à l'assemblée): Puis-je juste rappeler qu'aucune sage décision n'a été prise dans cet épiderme depuis que Platrone est devenu fou?
Ambition: On avait bien besoin de toi, tiens. Découragement, si tu pouvais éviter de prendre des initiatives, ça arrangerait tout le monde!
Découragement: On est encore en démocratie non?
Ambition: Si ça ne tenait qu'à moi on serait tous sous la dictature de Volonté... Mais il y a trop d'anarchistes ici pour ça.
Flemme: Attention à ce que tu dis!
Motivation: Ca y est, je déprime.
Ambition: Ah non, me lâche pas!
Motivation: Désolé, je... Je commence à craquer là. Je ne vois pas comment on peut y arriver avec une telle équipe.
Pessimisme: Pas besoin d'être voyant pour arriver à ce genre de conclusion!
Raison: Voyons, un peu de sérieux; à chaque solution son problème. Motivation, reprends-toi s'il te plaît, nous avons besoin de toi. Que tout le monde essaie de modérer ses propos, nous devons arriver à un com-pro-mis.


La réunion est interrompue par une intervention du neurone chargé de la communication entre les différents ministères. C'est Raison, le président, qui prend le communiqué.

Raison: ça vient du ministère des Affaires Etrangères.
Motivation (avec une lueur d'espoir dans le regard): Et que se passe-t-il, à l'extérieur?
Raison: Une conversation..., avec... Gaëlle.
Découragement: Je vous quitte, le devoir m'appelle!
Flemme: Moi aussi, j'ai mon mot à dire. 
Pessimisme: Je reste là, je ne fais pas confiance à ces zigotos, ils seraient capables de prendre une décision sans nous.
Ambition: Il m'assomme...
Raison: Je propose que nous fassions une pause. Attendons d'en savoir plus sur ce qui va se passer au ministère des Affaires Etrangères. J'ai envoyé deux neurones diplomates sur le terrain, je croise les doigts.

Une demi-heure plus tard. Ils reviennent au fur et à mesure. Raison glisse quelque chose à l'oreille de Motivation.

Motivation tout sourire: Haha! Eclipsés, les empêcheurs de tourner en rond!
Pessimisme: Plaît-il?
Raison: Le baromètre du moral de Julie est remonté à une moyenne satisfaisante.
Motivation: Heureusement que Déconne et Création sont là pour sauver la mise! Découragement a à peine eu son mot à dire.
Raison: On peut supposer que l'intervention extérieure ait également joué un rôle important.
Pessimisme: Ces étrangers... Non mais de quoi ils se mêlent?!
Ambition: Bon, on va pouvoir reparler de mon plan de croissance...
Flemme: Et merde, encore du travail et des prises de tête en perspective.
Raison: Et si tu m'écrivait un rapport là-dessus, Ambition? Mais cette fois s'il te plaît, prends en compte les données fournies par les Neurones-Assimilés-Scientifiques-Faute-de-Mieux.
Pessimisme dans sa barbe: Le département Pseudo-Scientifique... Quelle blague aussi ce truc.
Motivation: Tu t'es fait royalement écrabouiller Pessimisme, va falloir t'y faire!
Pessimisme: Gnagnagna.
Flemme: Je suis déprimé, je vais aller hiberner trois ou quatre mois.
Raison: Tu as déjà estivé cet été... Tu devrais penser à donner ta démission dans ces cas là.
Flemme: Hors de question, je suis trop bien ici! Vous ne pouvez pas me virer de toutes façons, après les pertes d'effectifs des dernières années!
Ambition: Bon, j'imagine qu'il faut toujours un boulet, même dans une équipe qui gagne.
Raison: Je crois qu'on va être obligés de le supporter encore un certain temps, de toutes façons... Le principal c'est qu'on y arrive.

[Fin de l'épisode]

EN EXCLUSIVITE: illustration de l'article par Gaëlle ! =D
Pendant ce temps là, un débat similaire a lieu dans la tête de Gaëlle.

dimanche 7 novembre 2010

De mauvais poil

Je n'aime pas les fanfares qui passent sous ma fenêtre chaque dimanche matin à neuf heures. Je ne les aime pas du tout.

Juste pour illustrer l'article:

 Kann irgendjemand diese bescheuerten Fanfaren abstellen?! 
Est-ce que quelqu'un peut faire cesser cette fanfare débile?!

samedi 6 novembre 2010

Un peintre et un bol de soupe


Mmmh... Un bon bol de soupe fumant.

Non, il ne fait pas encore si froid que ça à Innsbruck. Alors quoi?

Juste que j'ai eu un régimes pâtes/riz ces quelques derniers jours (flemme de cuisiner + plus rien dans le frigo) et c'est si bon, un petit bouillon de légumes maison. Et puis, histoire de donner des nouvelles, aussi. En décrivant ce que je mange? Oui, bon, en décrivant mon état d'esprit actuel surtout. J'suis en phase de préparation pour affronter l'hiver. 
Sinon quoi de neuf? Mmh, je suis fixée sur ma présentation individuelle de trois quarts d'heure pour mon pro-séminaire sur l'Art British: 17 décembre, avec le dossier de quinze pages à rendre dans les deux semaines qui suivent. J'ai choisi de travailler sur Howard Hodgkin, c'est ce que je sentais le mieux (XXe siècle + GB, c'est assez restreint finalement comme cadre pour bosser sur l'art. Ou pour trouver quelque chose qui me plaise en tous cas... Shit, Turner c'est juste avant quoi). Enfin, j'aimais bien les Edwardiens aussi (âge d'or de l'illustration, tout ça), mais c'est au tout début du siècle et on passe dans l'ordre chronologique, alors... Non. Voilà ce qu'il fait, ce cher Hodgkin:

After Corot, 1979-82

Lotus, 1980

In bed in Venice, 1984-88

A Small Thing but my own, 1983-5

Ouh que c'est abstrait! Certes. Mais moins abstraitement abstrait qu'autre chose, vous ferais-je remarquer. Ca ne se résume pas à un point noir sur une feuille blanche. Personnellement, je trouve son travail très expressif, exactement ce que l'abstrait devrait être: une représentation d'une idée, d'un sentiment ou d'une sensation dans son essence même. C'est juste un point de vue, hein. Et ce qui me plaît presque autant, c'est qu'Hodgkin n'a jamais fait partie d'un mouvement quelconque, il a toujours évolué indépendamment de la masse. Point de Pop Art ou d'Art Conceptuel, c'est son art à lui, point (tiens, j'ai fait une phrase qui commence et finit par un point, c'est intéressant comme concept). D'ailleurs il est toujours vivant. Y a pas eu grand chose d'écrit sur lui, mais bon c'est assez excitant de jouer les pionniers en matière de recherche; même si je vais pas réinventer l'eau chaude! 

Invention bien chouette d'ailleurs, depuis on peut faire de la soupe. Bon d'accord, je vais me coucher...

Ah juste avant (d'aller me coucher): j'ai fini Atonement, youhou! Et j'ai deux tests cette semaine: grammaire allemande et russe. Errr...

mardi 2 novembre 2010

Praha/Prague/Prag

Je reviens tout juste de la belle, la grande ville de Prague où nous sommes allés faire un périple de quatre jours pendant les congés de la Toussaint. Mes premières impressions ont été plus que positives; pour un peu je me voyais bien y revenir dans quelques années pour y vivre... C'est un tableau vivant.

Imaginez une ville épargnée par les bombes de la guerre, et qui serait restée au XIXe siècle. Un couple de cygnes confère ça et là une touche romantique aux eaux de la Vltava, rivière traversée de multiples ponts, dont le célèbre Pont Charles bordé de statues massives aux sujets religieux; entre autre celle de Saint Jean Népomucène, que Vencesclas IV de Bohème fit jeter dans la Vltava du haut du dit pont, furax de ce que ce bon curé respectât le saint secret de la confession en refusant de lui révéler les cachotteries de la reine. Depuis il est le saint patron des ponts, des rivières, des bateliers et des prêtres... Hem! Bon, revenons à notre pont. Très large et entièrement piéton, il est hanté par des artistes et camelots en tous genres, dessinateurs et musiciens, vendeurs de bibelots et attrape-touristes. Ah; d'ailleurs, si vous vous laissez attraper, il vous faudra des couronnes tchèques -eh non, ils ne sont pas à l'euro- un euro vaut environ 23 couronnes, et le plus simple il me semble est de faire un retrait à un distributeur automatique, la conversion se fait automatiquement et le taux de change n'est sûrement pas aussi élevé que dans un bureau spécialisé. Après avoir acheté un ou deux jolis bibelots donc, vous continuez votre paisible balade, et selon la direction que vous avez prise vous êtes à présent soit dans le vieux Prague (Staré Město), soit dans le quartier de Malá Strana. Vous admirez l'architecture, et constatez l'harmonieux mélange des styles et des époques: renaissance, gothique, classique, baroque, rococo, art nouveau et j'en oublie. Tout en couleurs avec des toits en cuivre d'un joli vert oxydé pour les monuments baroque; des illustrations peintes sur les murs plus récents des constructions de style art nouveau. Des calèches promènent des familles de touristes un peu partout dans les rues de la ville, et les chevaux se mêlent au trafic -ils font même les stops, comme tout le monde.

Lors d'un circuit classique de découverte de la ville, vous ne manquerez sûrement pas le château qui surplombe la ville et offre plusieurs points de vues sur la ville, la cathédrale Saint Guy, un chef-d'oeuvre de style gothique et néo-gothique construit sur six siècles, le théâtre  municipal surveillé par le regard lapidaire de Dvorak, le petit mémorial à Jan Palach, étudiant de 21ans qui s'est immolé par le feu pour protester contre la répression russe au printemps 1968, le quartier juif (Josefov) et sa synagogue la plus ancienne d'europe, l'horloge astronomique, la place Maríanské náměstí qui regroupe la bibliothèque municipale et la bibliothèque nationale (ancien monastère dominicain, et dont la tour sert aussi à des mesures météorologiques), la place de la République pour le shopping, la maison de Franz Kafka, etc, etc.

Si vous allez au resto, vous aurez en tête que ça paraît moins cher sur le menu, mais qu'il y a toujours une petite ligne indiquant que le service n'est pas inclus et que ça compte pour 10% du prix de base. Ah, et puis les tchèques parlent le tchèque. PAS l'anglais. Le tchèque. Parfois les commerçants parlent quand même quelques mots d'anglais, mais il y en a plusieurs qui nous regardaient d'un air mauvais quand ça se compliquait un peu trop. Si vous parlez un peu allemand ça peut servir, vu le nombre de touristes germanophones qui envahissent les rues! Sinon d'un point de vue plus personnel sur mon séjour, j'ai beaucoup aimé visiter Prague, et j'en garderais un très bon souvenir. Quand à y vivre... C'est moins sûr. Je ne sais pas si c'est le faste du baroque, la masse de touristes ou le côté nostalgique de la ville; mais à la fin je ressentais comme une certaine lourdeur dans cette ville, quelque chose qui fait qu'elle reste ancrée à un passé qu'elle vend à qui veut se promener dans un tableau vivant mais l'empêche de passer à autre chose, en un sens. En fait, ça ne fait qu'augmenter ma soif de nouveaux horizons!

NB1: vu que je ne connaissais pas les gens avec qui j'allais dormir à l'hôtel, j'ai laissé mon Reflex à Innsbruck; j'avais le compact généreusement prêté par mon homme mais face aux lumières des nuits de Prague, j'ai quand même eu un ou deux pincements au coeur de ne pas avoir mon Canon avec moi... Je vais aussi piquer des photos aux filles que j'ai rencontrées pendant le voyage, revenez voir par ici de temps en temps!

NB2: note pour Guillaume: les tchèques prononcent "Dvorak" /dvoja:k/ euh les signes phonétiques ne sont pas bons par contre, il faut prononcer les lettres à la française.

 
Yu-Chen (Taïwan)
 
Tsolmon (Mongolie) 
Dian (Indonésie)





Regardez comme je suis grande !!