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mardi 2 novembre 2010

Praha/Prague/Prag

Je reviens tout juste de la belle, la grande ville de Prague où nous sommes allés faire un périple de quatre jours pendant les congés de la Toussaint. Mes premières impressions ont été plus que positives; pour un peu je me voyais bien y revenir dans quelques années pour y vivre... C'est un tableau vivant.

Imaginez une ville épargnée par les bombes de la guerre, et qui serait restée au XIXe siècle. Un couple de cygnes confère ça et là une touche romantique aux eaux de la Vltava, rivière traversée de multiples ponts, dont le célèbre Pont Charles bordé de statues massives aux sujets religieux; entre autre celle de Saint Jean Népomucène, que Vencesclas IV de Bohème fit jeter dans la Vltava du haut du dit pont, furax de ce que ce bon curé respectât le saint secret de la confession en refusant de lui révéler les cachotteries de la reine. Depuis il est le saint patron des ponts, des rivières, des bateliers et des prêtres... Hem! Bon, revenons à notre pont. Très large et entièrement piéton, il est hanté par des artistes et camelots en tous genres, dessinateurs et musiciens, vendeurs de bibelots et attrape-touristes. Ah; d'ailleurs, si vous vous laissez attraper, il vous faudra des couronnes tchèques -eh non, ils ne sont pas à l'euro- un euro vaut environ 23 couronnes, et le plus simple il me semble est de faire un retrait à un distributeur automatique, la conversion se fait automatiquement et le taux de change n'est sûrement pas aussi élevé que dans un bureau spécialisé. Après avoir acheté un ou deux jolis bibelots donc, vous continuez votre paisible balade, et selon la direction que vous avez prise vous êtes à présent soit dans le vieux Prague (Staré Město), soit dans le quartier de Malá Strana. Vous admirez l'architecture, et constatez l'harmonieux mélange des styles et des époques: renaissance, gothique, classique, baroque, rococo, art nouveau et j'en oublie. Tout en couleurs avec des toits en cuivre d'un joli vert oxydé pour les monuments baroque; des illustrations peintes sur les murs plus récents des constructions de style art nouveau. Des calèches promènent des familles de touristes un peu partout dans les rues de la ville, et les chevaux se mêlent au trafic -ils font même les stops, comme tout le monde.

Lors d'un circuit classique de découverte de la ville, vous ne manquerez sûrement pas le château qui surplombe la ville et offre plusieurs points de vues sur la ville, la cathédrale Saint Guy, un chef-d'oeuvre de style gothique et néo-gothique construit sur six siècles, le théâtre  municipal surveillé par le regard lapidaire de Dvorak, le petit mémorial à Jan Palach, étudiant de 21ans qui s'est immolé par le feu pour protester contre la répression russe au printemps 1968, le quartier juif (Josefov) et sa synagogue la plus ancienne d'europe, l'horloge astronomique, la place Maríanské náměstí qui regroupe la bibliothèque municipale et la bibliothèque nationale (ancien monastère dominicain, et dont la tour sert aussi à des mesures météorologiques), la place de la République pour le shopping, la maison de Franz Kafka, etc, etc.

Si vous allez au resto, vous aurez en tête que ça paraît moins cher sur le menu, mais qu'il y a toujours une petite ligne indiquant que le service n'est pas inclus et que ça compte pour 10% du prix de base. Ah, et puis les tchèques parlent le tchèque. PAS l'anglais. Le tchèque. Parfois les commerçants parlent quand même quelques mots d'anglais, mais il y en a plusieurs qui nous regardaient d'un air mauvais quand ça se compliquait un peu trop. Si vous parlez un peu allemand ça peut servir, vu le nombre de touristes germanophones qui envahissent les rues! Sinon d'un point de vue plus personnel sur mon séjour, j'ai beaucoup aimé visiter Prague, et j'en garderais un très bon souvenir. Quand à y vivre... C'est moins sûr. Je ne sais pas si c'est le faste du baroque, la masse de touristes ou le côté nostalgique de la ville; mais à la fin je ressentais comme une certaine lourdeur dans cette ville, quelque chose qui fait qu'elle reste ancrée à un passé qu'elle vend à qui veut se promener dans un tableau vivant mais l'empêche de passer à autre chose, en un sens. En fait, ça ne fait qu'augmenter ma soif de nouveaux horizons!

NB1: vu que je ne connaissais pas les gens avec qui j'allais dormir à l'hôtel, j'ai laissé mon Reflex à Innsbruck; j'avais le compact généreusement prêté par mon homme mais face aux lumières des nuits de Prague, j'ai quand même eu un ou deux pincements au coeur de ne pas avoir mon Canon avec moi... Je vais aussi piquer des photos aux filles que j'ai rencontrées pendant le voyage, revenez voir par ici de temps en temps!

NB2: note pour Guillaume: les tchèques prononcent "Dvorak" /dvoja:k/ euh les signes phonétiques ne sont pas bons par contre, il faut prononcer les lettres à la française.

 
Yu-Chen (Taïwan)
 
Tsolmon (Mongolie) 
Dian (Indonésie)





Regardez comme je suis grande !!

mercredi 27 octobre 2010

What's up?

Je fais plein de choses en ce moment, je n'ai pas le temps d'écrire un roman mais j'ai pensé que ça méritait un petit résumé. D'abord, je suis allée à Vérone ce week-end en compagnie de mon chevalier servant, qui avait débarqué en terre autrichienne le vendredi... Nous nous en sommes mis plein la vue, nous sommes gavés de pizzas, avons dégusté de savoureux capuccino (capuccini? Hem, disons que nous avons dégusté plus d'un capuccino) sur les plus belles places de la ville, et pour finir nous avons visité le musée Castelvecchio, où sont exposées principalement des oeuvres de peintres véronais depuis que Vérone existe (très longtemps).
                       
Shakespeare, le plus célèbre auteur à avoir rendu hommage à la ville dans
 "Roméo et Juliette"



 Dans les rues de Vérone


Au musée: sujets religieux 

Sujets moins religieux 
(rares, mais cette légende d'Orphée (à droite) du XVIe est païenne à souhait)

***

Lundi soir nous sommes allés voir "Goethe!" au cinéma - le film, pas le bonhomme - ; j'ai bien aimé le film en soi mais ce qui m'a fait le plus plaisir, ça a été de voir un vrai film allemand en vo et sans sous-titres français. Et puis bon, un film sur un écrivain tel que Goethe, avec de super costumes XVIIIe et de belles musiques en prime... Ce n'était pas franchement pour me déplaire!


Sinon nous sommes aussi allés au zoo alpin, en fait ça faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds dans un zoo et j'avais oublié à quel points les enclos étaient petits; ça fait un peu mal au ventre de voir un ours enfermé dans moins de 500m carré, un aigle royal privé du ciel où il est sensé régner... Enfin, ceci est un autre débat. En tous cas je n'avais jamais vu des loutres d'aussi près ;)

Prochaine étape: Prague, où je vais le week-end prochain à l'occasion d'un voyage organisé pour les Erasmus. Je n'ai jamais autant eu la bougeotte, je crois que je vais devenir accro ;)

Sinon pour les petites nouvelles j'ai enfin un contrat d'études, ne reste qu'à le faire signer. Si ma coordinatrice ne se casse pas la jambe d'ici le 3 novembre et si la Poste française ne se met pas à brûler le courrier lors d'une folie gréviste complètement insensée et imprévisible, ça devrait pouvoir le faire.

mardi 19 octobre 2010

Innsbrucks Altstadt

Un diaporama de la balade que j'ai faite ce midi dans la vieille ville, sur un extrait du concerto pour clarinette de ce cher vieux Wolfgang. Il manque la rue principale, Maria-Theresien Str., mais je n'y suis pas passée, alors... Voilà. En espérant vous faire goûter un peu à l'Autriche, même si le son n'est pas du tout coupé comme je le voulais, à la fin!

vendredi 1 octobre 2010

Le départ

29.09.2010
14h10
Départ de la gare de Rennes sous un ciel gris, je dis au revoir à maman à travers la fenêtre. Le trajet St Méen-Rennes s'est bien passé, à part quelques poisses pour pimenter un peu l'atmosphère; un convoi exceptionnel trimballant un mobilhome devant nous, tous les feux rouges de Rennes et un conducteur d'engin de travaux publics un peu con. Mais rien de bien grave. A la maison, les adieux étaient plutôt gais, à la Bonniord; mes soeurs chantant une chanson – sensée être plutôt triste – en rigolant, et papa faisant sa plus ignoble grimace à travers l'oeil de boeuf. C'est aussi la Bretagne que je quitte pour plusieurs mois, et je regrette un peu de ne pas avoir eu le temps d'aller à la mer. Les églises de granit défilent, coiffées de leurs clochers miroitant un ciel clair; les nuages lumineux donnent au paysage un aspect dramatique, et moi dans mon wagon rempli d'air conditionné je me dis que je ne respirerai plus l'air breton avant le mois de février.





14h45
La lumière est décidément belle; le vert des arbres et des prés est tellement intense et vivant, sous cette voûte de coton. La végétation semble se tendre vers la promesse de l'eau et de la vie, quand la ville est froide, grise et nue.

14h51
« Mesdames et messieurs, notre train va s'arrêter en pleine voie. Pour votre sécurité, veuillez ne pas tenter d'ouvrir les portes ». Ca commence bien... Je sens que ce voyage va regorger d'imprévus. J'ai intérêt à me tenir prête à leur faire face, moi.

15h34
Deuxième arrêt intempestif, mais bref. Le ciel est de plus en plus dégagé et le soleil se montre.. J'ai presque trop chaud. J'ai le cerveau un peu embrumé, malgré l'heure déjà bien avancée.


30.09.2010
06h51
Il faut absolument que je relate quelque part la soirée que j'ai passée avec Marcelle. J'ai été bien reçue par ma grande-tante à la gare Montparnasse, qui m'a soulagée d'une valise avant de m'embarquer dans l'enfer du métro parisien, que nous avons évidemment pris à l'heure de pointe – enfin j'exagère un peu, c'était bien sûr bondé mais c'était surtout le volume de mes bagages qui était difficile à gérer. Après m'avoir montré les photos de son voyage en Argentine en mars dernier, ma tante m'a emmenée au resto situé juste en bas de son immeuble: « Sushi », un établissement jap' comme on peut s'en douter. La salle était nickel, le personnel sympa (si l'on exclut le fait que le serveur avait une fâcheuse tendance à essayer de me convaincre que je devrais me faire Parisienne parce que quand même, c'est génial Paris... Non mais, tu sais à qui tu parles?!); bref globalement, tout se passait très bien, les plats étaient servis rapidement et tout était bon. Jusqu'au moment où ma tante, qui est diabétique, réalise qu'elle a oublié de prendre sa glycémie. Flûte. Heureusement, la porte de l'immeuble est voisine de celle du restaurant et elle n'habite qu'au deuxième étage. Oui mais... « Oh non!... Me dis pas que j'ai claqué la porte en laissant mes clés à l'intérieur! ». Aaaah. Voilà qui est compromettant, dis-moi. Donc la voilà qui commence à baratiner sur sa probable hypoglycémie, qui explique son manque de vigilance, et puis ayant tâté sa poche et senti son porte-monnaie, elle a cru qu'elle avait pris ses clés. Si on résume la situation, je suis à ce moment seule à Paris, enfermée dehors avec une grande-tante en hypoglycémie sur les bras. Un peu deux de tens', un peu fatiguée, je reste pourtant plus ou moins zen; j'analyse la situation en me demandant comment on va bien pouvoir faire. Heureusement, l'urgence de la situation et le repas que l'on a commencé rendent Marcelle consciente de la situation, même si elle met du temps à réagir. Son cher et tendre a bien un double des clés, mais il est chez son amie (je pense qu'il fallait comprendre « son amie officielle ») et comme il est déjà âgé, elle a peur qu'il ait une crise cardiaque si elle l'appelle là-bas et que Romilda se doute de quelque chose. Bon. Et ben on n'est pas sorties de l'auberge, c'est le moment où jamais de le dire. Marcelle expose la situation au serveur, il est d'accord pour dire que c'est fort gênant, demande s'il n'y a pas une fenêtre d'ouverte, car ils ont une échelle et elle n'est qu'au deuxième. Bien sûr que non, elle ferme toujours ses fenêtres. Et le coup de la radio alors? Quand la porte est simplement claquée et non fermée à double tour, on arrive souvent à l'ouvrir en faisant passer dans la fente ce film tout bête, qui peut représenter au choix vos poumons, vos dents ou encore votre tibia. Ah, et bien je vais demander à Anne-Marie, la voisine, si elle a ça. Elle sort du restaurant. Je tente au hasard de proposer mon casse-tête chinois à résoudre à mon ingénieu(r)x de Guillaume: « que faire lorsque votre grande-tante a claqué sa porte en laissant les clés à l'intérieur, qu'elle a oublié de prendre sa glycémie et que vos valises pour votre voyage du lendemain matin sont bien entendu à l'intérieur? », lui textotai-je. Il me rappelle aussitôt; il est encore au labo et il va regarder sur Internet s'il trouve des serruriers ouverts 24/24 dans le 19ème arrondissement. Ah, enfin quelque chose de constructif... Je vois alors Marcelle qui descend. A-t-elle trouvé une radio? « On ne peut pas, la porte est renforcée contre ce genre de technique; j'ai profité d'être chez Anne-Marie pour appeler un serrurier... 110 euro, mais bon, c'est toujours mieux que de se casser une jambe! ». Certes. C'est vrai que ça fait mal, pour un oubli tout con. Le serveur, qui est du même avis, se récrie: « C'est de l'arnaque! Essayez quand même avec la radio... Si vous y arrivez, vous paierez simplement le déplacement au serrurier ». Pourquoi pas après tout? Ca vaut la peine d'essayer. Elle remonte. J'ai fini mon riz et me commande un thé vert. Je ne sais plus trop si ma tante a trouvé la radio mais toujours est-il qu'elle est redescendue bredouille. Nous allons donc attendre le serrurier; il a dit qu'il en avait pour trois quarts d'heure. Je propose du thé à ma tante, elle acceppte et nous fait apporter un digestif: saké et petites friandises au sésame. On demande au serveur de nous prendre en photo, histoire d'immortaliser cette mémorable soirée. Puis elle insiste pour m'offrir le repas: « Non non regarde, j'ai de l'argent ». C'est gentil. S'ensuit une petite litanie: « J'étais en hypo, sinon jamais... Anne Marie l'a bien dit, depuis quinze ans que je suis ici, jamais ça ne m'était arrivé!... J'avais mis mon portefeuille dans ma poche, c'est pour ça j'ai cru... Si j'avais pris ma veste... Ah ça m'a coupé l'appétit... Mais qu'est-ce qu'il fout ce bonhomme? », tout ceci à peu près en boucle jusqu'à l'arrivée du serrurier. Il arrive enfin, et nous prenons congé des Japonais. On monte, et le serrurier se met à l'oeuvre avec sa radio. Au bout de 10 minutes, ma tante qui est très gentille mais qui peut aussi s'avérer assez pénible, commence à descendre le serrurier: « Mais c'est tout ce que vous avez comme matériel? C'est un peu léger quand même ». La voisine d'en face, madame Walther, s'y met aussi « Mais enfin c'est tout ce qu'il a? », alors la tante renchérit « Oui, comme dit madame Walther, vous n'êtes quand même pas très équipé ». Le serrurier commence à s'énerver: « Moi j'ai des perceuses, j'ai tout ce qu'il faut pour casser les serrures, mais pour ouvrir une porte simplement claquée comme la vôtre il n'y a pas trente-six solutions, un autre serrurier fera exactement pareil! Moi je fais tout pour ne pas avoir à casser votre serrure madame! ». La tante demande combien il lui en coûterait de faire casser et remplacer sa serrure: environ mille euro. Elle panique un peu là je crois, le ton monte, elle est vraiment casse-pieds et il finit par descendre en nous lançant: « Si vous n'êtes pas contente madame, moi je m'en vais, débrouillez-vous et appelez un autre serrurier! ». Là en ce qui me concerne, le moral a commencé à vraiment flancher. Si la tante envoie se faire cuire un oeuf les quelques serruriers qui sont ouverts la nuit, on est très mal. Anne-Marie doit penser la même chose, et à deux nous parvenons à raisonner Marcelle: elle n'a pas pris sa glycémie, il n'y a pas le choix et puis je n'ai pas du tout envie de rater mon train demain matin. Au moment où elle commence à descendre pour voir si elle ne peut pas le rattrapper, le voilà qui remonte. Halléluja! Je respire. Il était parti chercher sa malette d'outils. Il passe alors aux choses sérieuses et commence à percer la porte. Là encore, la tante est insupportable: elle est penchée par-dessus son épaule à regarder ce qu'il fait, émet des commentaires énervants. Lui explique qu'il ne veut pas casser sa serrure, juste actionner la tirette à travers la porte. Après une bonne dose d'efforts et d'énervement plus ou moins contenu pour le serrurier, de commentaires du voisinage qui observe avec des yeux ronds et de prières muettes en ce qui me concerne, la porte s'ouvre enfin. Hip hip hip, hourra pour le serrurier! Nous rentrons, je m'arrange pour lui glisser au passage qu'il a du mérite, vu le degré de pénibilité de la tante. Il me fait un clin d'oeil. Marcelle marchande le prix, en payant cash elle s'en tire pour 80euro. Lui rebouche le trou, et tout rentre à peu près dans l'ordre; il est environ 22heures et nous nous couchons presque aussitôt. Nous avons programmé deux réveils pour 5h30, plus mon portable. Je crois qu'il était temps que cette journée se termine!

08h33
Bizarrement, je n'ai eu aucun mal à me lever. Le temps de prendre une douche et de manger une tartine, de boire un bol de thé et de vérifier que je n'avais rien oublié, et nous étions dans le métro. La ligne était directe, nous en avions pour quatre arrêts tout au plus. Nous étions au moins une demie-heure en avance, mais j'avais eu mon compte d'émotions la veille et j'avais insisté pour prévoir large. Je quitte Paris alors qu'il fait encore nuit, et je fais route vers l'est à travers une campagne qui se réveille, embrumée d'automne et de sommeil. Moi je suis bien réveillée, et je me dis que finalement j'aime bien prendre le train; en voyant le paysage progresser, j'ai vraiment le sentiment de vivre mon voyage vers l'Autriche, plutôt que de passer d'un monde à l'autre brutalement, en passant simplement la porte d'un aéroport. J'écoute Les quatre saisons de Vivaldi, je savoure l'instant.

Environ 10h
A Strasbourg, j'ai profité de la longueur de la correspondance (plus d'une heure et demie) pour aller faire un tour dans la ville. En allant tout droit depuis la gare (rue du maire Kuss je crois) je me suis retrouvée sur le quai St Jean, qui m'a offert une jolie vue sur des maisons colorées, une église, le fleuve, avec des trams circulant tranquillement au milieu de tout ceci. Je n'en demandais pas plus; j'ai flâné un tout petit peu pour m'imprégner de l'atmosphère, puis je suis retournée à la gare (qui est d'un genre particulier il faut le dire; imaginez une espèce de shère de métal et de verre aplatie sur une gare traditionnelle.. Si vous ne voulez pas imaginer, voici deux photos de l'endroit en question).



Le quai St Jean:


11h58
Je suis à Bâle; j'entre dans la sphère germanophone et ça s'entend!

13h47
Je suis à Zurich! Je me suis offert un Schweinschnitzelbrot; de la viande de porc panée entre deux tranches de vrai pain complet tout chaud. Ca me paraissait a priori assez bourratif, mais en fait j'ai trouvé ça vraiment très bon et je n'ai pas eu de mal à le finir. Je ne peux pas dire combien ça m'a coûté exactement; j'ai tendu un billet de dix euro et la vendeuse m'a rendu quatre francs suisses... Je pensais les garder pour le retour, au cas où, mais finalement j'ai acheté un journal suisse (trois francs), j'avais envie de voir de quoi ça avait l'air. J'ai hésité à acheter du chocolat mais bon, c'étaient de bêtes tablettes Lindt comme on en trouve chez nous, mis à part que c'était écrit en allemand... Ca n'avait pas grand intérêt et je m'étais déjà fait plaisir avec mon Schnitzel.



14h35
Je suis dans le train, et le bon!!! J'ai un peu galéré dans cette gare, le système suisse est différent de nos habituelles gares SNCF. Ce qui m'a le plus posé problème, c'est que sur les billets c'était écrit « à composter avant l'accès au train », or je n'ai trouvé aucune machine ayant l'air d'être faite pour remplir cette fonction. Il aurait fallu que j'aille au point « Information », mais j'étais dans le train et ça faisait loin, surtout avec un sac comme le mien sur le dos. La gare est immense! J'ai questionné quelques personnes, et une vieille dame affable m'a dit que c'était « richtig ». Il est 14h41 et le train s'ébranle – au moins suis-je partie pour ma destination. Innsbruck, me voici!


14h58
« Grussgott! Ihre Fahrscheinen please! » (Où quelque chose comme ça). Un contrôleur autrichien... Je suis sûr la bonne voie! Ouf, il n'a pas l'air de penser que mon billet aurait dû être composté. Le train longe un immense lac depuis tout à l'heure, je ne sais pas si c'est le Leman mais c'est magnifique, avec les montagnes qui disparaissent dans la brume, sur l'autre rive.

15h18
Je vois de la neige sur les cimes des montagnes! Ca grimpe...

15h54
Buchs: j'arrive à la frontière de l'Autriche!

16h46
Le paysage est de plus en plus beau tandis que le train serpente entre les montagnes. Je vois des ruisseaux tomber en cascades des rocs escarpés où parviennent à s'aggripper sapins et feuillus – je ne sais pas à quelle altitude nous sommes à présent. Les chalets en bois sont dignes de figurer sur une carte postale. J'ai échangé quelques mots avec ma voisine, Paula, qui habite près de Vienne et va voir son fils à Salzburg. Elle vient de m'offrir du chocolat suisse portant la marque « Amicelli »!

17h
Après avoir longé des ravins, nous voici sous la montagne... On ne voit rien, mais c'est impressionnant d'imaginer la masse de cailloux qui se trouve au-dessus de nos têtes. Paula m'a dit qu'il faisait 9-10°C ici en ce moment. J'ai l'impression d'avoir manqué une saison!

17h41
Paula me confirme que c'est bien l'Inn que nous longeons depuis tout à l'heure. Il nous guidera sans doute jusqu'à Innsbruck, à présent. Je m'en mets déjà plein la vue; je suis tellement contente d'avoir emmené mon Reflex! Je suis partie dans la brume et j'arriverai dans la brume. L'idée me plaît bien, j'ai l'impression d'avoir flotté sur un nuage, entre les deux. J'ai le sentiment d'avoir rêvé mon voyage du début à la fin.

mardi 14 septembre 2010

Last but not least...

Me voici à mon tour en possession de mon laisser-passer pour ma destination, à savoir cinq billets de train SNCF – rien que ça! Un programme sympathique, comme vous pouvez le constater:

29.09.10
Départ de Rennes à 14h05 – Arrivée à Paris Montparnasse à 16h10

30.09.10
Départ de Paris Est à 06h54 – Arrivée à Strasbourg à 09h13
Départ de Strasbourg à 10h47 – Arrivée à Zurich HB à 13h00
Départ de Zurich HB à 14h30 – Arrivée à Innsbruck HBF à 18h06

Ca se concrétise, mine de rien... C'est étalé sur deux jours car je passe la nuit à Paris, ayant un échantillon de famille sur place. Une fois à Innsbruck j'ai une amie autrichienne, Magdalena, ancienne Erasmus à Angers, qui veut bien venir me chercher à la gare et a la gentillesse d'avoir accepté de m'héberger une nuit, avant d'aller avec moi quérir mes clefs à la cité universitaire le lendemain pendant les horaires d'ouvertures de l'accueil – qui sont certainement aussi limités qu'ici, évidemment (!)

Ah, et puis un conseil technique: si vous partez comme ça à l'étranger et que vous avez pas mal de changements, essayez vraiment toutes les manips. Moi par exemple j'ai pris mes billets en deux fois: Paris-Zurich, puis Zurich-Innsbruck. Quand je recherchais directement le trajet Paris-Innsbruck sur le site de la SNCF, il me proposait exactement le même itinéraire (mêmes horaires, même temps de changement, tout) mais j'en aurais eu pour au moins 50 euro de plus!

dimanche 8 août 2010

Innsbruck, Österreich

Österreich: l'Autriche, ou littéralement "Royaume de l'Est" en allemand.
Innsbruck: le pont sur (la rivière de) l'Inn. C'est aussi la capitale du Tyrol, une ville qui a la particularité d'être nichée au creux des Alpes. C'est là-bas que je pars étudier en octobre, pour un semestre en Erasmus, à l'Université Léopold-Franzens. Ca sonne un peu comme dans un conte, ce périple vers le pont sur l'Inn au Royaume de l'Est.

Es führt über den Main eine Brücke von Stein,
wer da rüber will geh'n, muss im Tanze sich dreh'n.
Falalalala, falala là

Que raconter d'autre. La démographie, l'économie, l'histoire du pays? Pas sûr que cela sonne tout à fait juste ici. C'est du vécu que je veux rapporter; l'Autriche, je vous la dirai au fur et à mesure que je la découvrirai. Rendez-vous donc fin septembre, quand j'aurai en place de chimères encore vagues une actualité toute fraîche et bien réelle!