samedi 2 octobre 2010

Mes premiers pas en Autriche

Depuis que je suis ici, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Magdalena est venue me chercher à la gare comme prévu, accompagnée de Fly, sa chienne, un labrador. Du fait qu'elle ait un chien chez elle, j'avais imaginé que j'atterrirais chez ses parents; mais en fait pas du tout: elle vit avec Fly dans son propre appart à Innsbruck. Nous avons traversé la ville en bus, et Magdalena m'a expliqué que nous habitions aux deux extrémités de la ville. Arrivées chez elle, je me suis débarrassée de mon sac à dos avec un soulagement indescriptible. Idem pour la douche. Mon hôtesse s'est occupée du dîner, j'étais un peu embarrassée de ne rien faire, et en même temps tellement contente de ne pas être toute seule à cette heure tardive, lâchée dans une ville que je ne connais pas... C'est à ce moment que j'ai vraiment réalisé la situation; j'étais dans un pays dont je ne maîtrisais pas bien la langue et ne connaissais la culture qu'à travers quelques pages d'un livre, et si loin de mes proches. Avant de partir tout paraissait si facile, mais là j'ai eu un peu le vertige. Heureusement Magdalena était là, et nous avons passé une bonne soirée, bien qu'un peu fatiguées toutes les deux. Elle m'a expliqué beaucoup de choses concernant le fonctionnement des bus, de l'université; elle a entouré des points sur la carte correspondant à la mairie, à des supermarchés... Etc. Le lendemain, nous sommes allées à la cité U – ou plutôt « Studentenheim », ici – en voiture, ce qui était bien pratique avec mes bagages, et j'ai pu avoir les clés de ma chambre (moyennant une caution de 70 euro, quand même). Une fois que les points importants furent réglés, Magdalena m'a souhaité « Alles Gute » et est retournée à ses occupations, me laissant à ma nouvelle vie.

Je ne savais pas trop par où commencer, alors j'ai fait mon lit. Ah oui; ils ne fournissent pas les oreillers ni les couvertures, ici: quand on arrive il y a un matelas et point barre. Encore des choses qui vont s'ajouter à la liste de courses... Sans compter que le drap housse que j'avais emporté était trop petit, enfin bref; tout ça pour dire qu'il faut savoir faire face aux imprévus, quand on part en Erasmus! Ensuite j'ai vadrouillé un peu dans le couloir de mon étage, histoire de repérer la cuisine, ce genre de choses. Je suis tombée sur trois Erasmus, toutes de l'université de Cardiff. Nous avons fait connaissance et comme deux d'entre elles avaient des choses à faire en ville, elles m'ont proposé de les accompagner; ce que je me suis empressée d'accepter. Nous avons récupéré au passage un autre British au troisième, et nous sommes partis tous les cinq. Nous y avons passé toute l'après-midi, même si au final je n'ai pas pu acheter grand-chose de ce qui se trouvait sur ma liste de courses(!) Dans l'après-midi se sont également joints à nous un Français et un Hongrois. Quand nous sommes rentrés nous nous sommes donné rendez-vous à 19h, ayant prévu de passer la soirée ensemble, ce qui m'arrangeait doublement: d'une, j'étais heureuse d'avoir fait des rencontres si vite; et de deux, je n'avais rien à manger dans ma chambre. Nana, Jack et moi avons donc rejoint Anita et une autre Erasmus: Heather, de Londres. Nous avons mangé des spécialités tyroliennes, c'était vraiment sympa. Je ne comprenais pas tout ce qui se disait, tellement ils parlaient vite – en anglais, entre Anglais – mais ça l'a fait quand même. Vers la fin du repas, nous avons eu la bonne surprise d'assister – c'était dans la salle d'à côté mais on entendait très bien, et on voyait un peu à travers la vitre – à des danses et des chants tyroliens. Nous avons eu la totale: Jodel, Alpenhorn, costumes traditionnels... Et tenez-vous bien: nous avons vu un homme jouer de la scie avec un archet de violon. C'aurait été dans la rue, que ça m'aurait sans doute fait moins d'effet... Mais de voir là, dans la capitale du Tyrol, un bûcheron jouer de la scie (et avec brio, en plus): je n'en pouvais plus de rire. Entre autres choses étonnantes (ils sont fous ces Tyroliens): une Tyrolienne qui faisait de la musique avec des cloches que portent d'habitude les vaches dans les montagnes, deux femmes qui yodlaient en duo... Mais ça forçait aussi vraiment l'admiration de se dire que leur musique s'est formée à partir de leur vie quotidienne, et qu'ils l'ont si bien préservée.

De gauche à droite: Anita, Nana, Jack, Heather et moi


Notre vue sur le spectacle. Ici, des danseurs tyroliens

Après cet épisode mémorable, nous sommes allés à l'auberge de jeunesse où loge Anita pour récupérer du monde, puis nous sommes retournés tous ensemble à Akademikerhilfe (ma résidence, pour ceux qui n'ont pas suivi). Au rez-de-chaussée, il y a un genre de foyer où l'on peut jouer du tennis de table, regarder la télé... Nous nous sommes posés sur les canapés, sommes allés quérir des boissons au Kebab voisin. La soirée était plutôt animée; certains voulaient sortir mais il commençait à être un peu tard, surtout que ne connaissant pas la ville nous ne savions pas où aller. Je me suis éclipsée un peu avant minuit, la fatigue du voyage de la veille se faisant ressentir; et me voici ce midi à vous relater mes premiers pas en Autriche, après avoir fini de vider mes sacs. On doit aller à Ikea avec Nana (qui est ma voisine d'en face), et il faut aussi que je fasse des courses alimentaires.
Ah, et j'ai mon numéro de chambre maintenant (si vous voulez m'écrire): 517. Voici donc mon adresse complète:

„Studentenheim AKADEMIKERHILFE,
Zimmer N°517
Schützenstr. 43
6020 Innsbruck
AUTRICHE/ÖSTERREICH“

D´ailleurs ça me fait penser qu´il faut que je repère ma boite aux lettres.

3 commentaires:

  1. Eh ben ça se profile bien tout ça, c'est super! Ca a dû être sympa de revoir Magdalena!! (Question: c'est le chien qui vous a prises en photos? ^^ Désolée...)
    au moins avec le spectacle vous avez été directement plongés dans la culture! ça doit changer de Claude bis XD

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  2. J'ai un retardateur sur mon appareil, gné! ^^ Ben oui ça se profile carrément, puis j'ai encore rencontré des gens depuis (on est allés dans un pub irlandais hier soir); Suédois, Mexicain, Italiennes, Allemande, Autrichienne, Turcs... Je ne sais pas s'ils comptent maintenir le rythme pendant tout le semestre, moi je vais peut-être me calmer quand les cours vont commencer^^ mais pour l'instant je profite! En tous cas c'est 100% véridique: c'est trop simple de faire des rencontre en Erasmus! Je sais pas c'est... Grisant de se sentir faire partie d'un groupe, comme hier soir quand on était quinze ou vingt autour d'une tablée dans le pub. Ca parle anglais, allemand, parfois français ou espagnol; j'adore être une Erasmus!

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  3. Bah facile euh... ça dépend où ^^ Je n'ai pas croisé grand monde ici, je n'ai fait la connaissance que d'une italienne et d'une française! Mais ça viendra avec la rentrée je pense. En tout cas j'en profite et je pratique l'italien à fond!

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